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15 juin 2020

TEXTE COLLECTIF – IDÉES – Le Devoir

Photo: Kimberly P. Mitchell Detroit Free Press via Associated Press

Parmi les mesures mises en place par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec pour faire face à la COVID-19, de nombreuses activités cliniques ont été délestées. Parmi elles, les mammographies prévues dans le cadre du Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS). Dans une récente sortie à la une du Devoir ainsi qu’à la radio de Radio-Canada, le Dr Sarkis H. Meterissian, coprésident du comité consultatif de la Fondation du cancer du sein du Québec, s’inquiétait du fait que, depuis huit semaines, aucune mammographie de dépistage n’avait été réalisée, laissant présager un « tsunami » de patientes à traiter lorsque les activités reprendront. Or, cette crainte repose sur une surestimation des bénéfices associés au dépistage. La valeur qu’on lui attribue occulte ses effets délétères, qui sont pourtant bien réels.

Il faut distinguer les mammographies à visée diagnostique des mammographies dites de dépistage. Dans le premier cas, la patiente présente un symptôme laissant suspecter une pathologie sous-jacente : une masse, un écoulement ou tout autre changement à un sein. Dans ce cas, il faut établir la nature de l’anomalie de la patiente afin qu’elle puisse bénéficier des traitements appropriés dans les meilleurs délais. De même, les patientes qui ont déjà reçu un diagnostic et des traitements pour un cancer du sein doivent faire l’objet d’un suivi tel qu’il a été déterminé par leur médecin. Il n’est pas question de remettre en cause la pertinence ou la nécessité de la mammographie pour ces patientes, au contraire.

Lorsqu’on parle de dépistage, on a affaire à une clientèle qui ne présente aucun symptôme. La prémisse du dépistage du cancer en général, et du PQDCS en particulier, est que si on trouve le cancer plus tôt, avant qu’il soit perceptible ou cause des symptômes, on pourra ainsi mieux traiter et guérir plus de patientes. S’il est vrai que les mammographies réalisées dans le cadre du PQDCS permettent de trouver et traiter de nombreux cas de cancers du sein, l’effet sur la mortalité par cancer du sein n’est vraisemblablement pas aussi important qu’on pourrait penser. Selon les chiffres publiés par le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs (GECSSP), il faut dépister 1333 femmes âgées entre 50 et 59 ans (ou 1087 femmes âgées de 60 à 69 ans) par mammographie tous les deux ans pendant au moins 7 ans pour éviter un décès par rapport à des femmes qui n’auraient pas participé au dépistage. Or, pour chaque décès (par cancer du sein) évité grâce au dépistage, 3 à 4 femmes sont « surdiagnostiquées » avec ce cancer, c’est-à-dire qu’elles subiraient des traitements inutiles pour un cancer qui, en l’absence de sa découverte dans le cadre du dépistage, ne leur aurait jamais causé problème. C’est ce qu’on appelle le surdiagnostic. La difficulté est qu’une fois le diagnostic posé, il est impossible de dire à la patiente si elle a un cancer qui relève de la première ou de la seconde catégorie. Pour elle, par contre, le poids du diagnostic et ses implications sont tout aussi graves. Il faut aussi considérer que, durant la même période de dépistage, entre 250 à 300 femmes auront reçu un résultat faussement positif qui leur vaudra de subir l’anxiété d’investigations supplémentaires et potentiellement une cascade diagnostique qui les exposera à des biopsies voire à des chirurgies.

Premièrement, ne pas nuire

L’exemple du cancer du sein nous renvoie à la question, très concrète, du bénéfice et des risques d’exposer un patient ou une patiente à un test. Faire un ou des tests peut sembler une bonne idée, mais faut-il encore qu’ils apportent quelque chose de significatif. Dans les dernières décennies, le nombre de recommandations et de tests suggérés, notamment chez des patients par ailleurs bien portants et ne présentant pas de symptômes d’appel d’une pathologie particulière a explosé, exposant ces derniers aux risques de la surmédicalisation, de la surinvestigation et du surdiagnostic.

Il est encore trop tôt pour tracer un portrait de l’impact du délestage des activités cliniques. Il n’est cependant pas incongru de penser que certains patients pourraient, ultimement, avoir été « sauvés » par la COVID-19, une situation qui n’est pas sans rappeler une célèbre publication dans le JAMA Internal Medicine qui démontrait que les patients hospitalisés en cardiologie mouraient paradoxalement moins durant les grands congrès nationaux de la spécialité, alors que les hôpitaux étaient désertés par les spécialistes de la discipline. Est-ce à dire que les médecins nuisent à leurs patients ? Non. Mais nous avons le potentiel de le faire en les exposant à des interventions et à des investigations dont le risque n’est pas corrélé par les bénéfices qu’ils peuvent espérer ou sans leur expliquer l’équilibre entre les bénéfices et les risques, comme dans le cas du dépistage du cancer du sein.

Alors qu’on organise actuellement la reprise des activités cliniques, une tâche qui s’annonce colossale et qui en elle-même génère beaucoup d’inquiétudes, particulièrement chez les patients qui attendaient des investigations et des traitements avant la pause forcée des dernières semaines, nous sommes d’avis que la reprise des activités de dépistage dans la population générale, en cancer du sein notamment, ne doit pas être une priorité. Le contexte actuel doit servir à remettre en question plus largement nos choix dans l’offre de services cliniques de manière à prioriser les interventions qui ont démontré une efficacité et des bénéfices concrets pour les patients et patientes.

Signataires :

Membres du groupe de travail sur les meilleures pratiques et formateurs de la formation de développement professionnel continu « Pour une pratique éclairée, une utilisation judicieuse des examens et des traitements », Collège québécois des médecins de famille.

Pascale Breault, M.D., CCMF, GMF-U Nord de Lanaudière, chargée d’enseignement clinique, Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université Laval.

Guylène Thériault, M.D., CCMF, GMF d’Aylmer, membre du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs.

René Wittmer, M.D., CCMF, GMF-U des Faubourgs, professeur adjoint de clinique, Département de médecine de famille et de médecine d’urgence de l’Université de Montréal.

Samuel Boudreault, M.D., M.Sc., CCMF, GMF-U Nord de Lanaudière, professeur agrégé de clinique, Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université Laval.

Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF, présidente du Collège québécois des médecins de famille, professeure d’enseignement clinique au Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université Laval.

Hélène Landry, M.D., CCMF (MU), directrice médicale GMF-U Laurier, professeure d’enseignement clinique au Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université Laval.

Geneviève Bois, M.D., CCMF, médecin de famille CMC Whapmagoostui, chargée de clinique au Département de médecine familiale, Université McGill.

Voici les réponses à quelques questions que nous avons reçues concernant le nouveau Règlement sur la formation continue obligatoire des médecins du CMQ.

Procédures en raison de la crise covid-19

Pour plus d’informations et suivre l’actualité sur la crise sanitaire covid-19, visitez la page d’ACTUALITÉS DU CMQ.

Où devrais-je inscrire mes crédits de développement professionnel continu (DPC)?

Pour les membres du CMFC, veuillez continuer à inscrire vos crédits de DPC dans votre portfolio Mainpro+ MD.

Le transfert de données en temps réel entre la plateforme Mainpro+ et celle du CMQ est disponible.  La date butoir pour le transfert des activités suivies entre janvier et décembre est le 31 mars 2020. Lorsque vous ouvrez une session dans le portail du CMQ, on vous demandera de sélectionner un organisme externe à partir duquel les données liées au DPC seront transférées. Cliquez pour confirmer et continuer dans la case du Collège des médecins de famille du Canada (CMFC) pour autoriser le CMFC à transférer vos données sur la formation continue telles qu’elles sont inscrites dans Mainpro+.

Par la suite à chaque fois que vous accèderez à la plateforme du CMQ, votre dossier sera mis à jour avec les activités inscrites depuis votre dernier accès.

Pourquoi me demande-t-on d’ajouter mon Numéro d’identification médicale du Canada (NIMC) dans mon profil de membre? 

Le NIMC sert d’identifiant unique permettant de vous identifier dans les deux plateformes, CMFC et CMQ, assurant un transfert de vos données d’une plateforme à l’autre. Assurez-vous que tous les renseignements dans votre profil de membre du CMFC sont inscrits et exacts. Vous pouvez ajouter votre NIMC à votre dossier du CMFC en écrivant au Centre de services aux membres (adhesion@cfpc.ca). Consultez le site Web du CMQ pour de plus amples renseignements sur le NIMC. 

Les activités inscrites dans Mainpro+ sont en crédits et le Règlement exige des heures, que dois-je faire?

Les « crédits » Mainpro+ seront convertis « en heures » lors du transfert selon les exigences du CMQ. Pour les programmes donnant droit à deux ou à trois crédits par heure, puisque le CMQ ne reconnait pas la plus value de ces activités, ces activités seront transférées en heures de formation (divisé par deux ou par trois).

Pourquoi le nombre transféré ne correspond pas au nombre de crédits inscrits dans Mainpro+?

Prenez note que le CMQ ne reconnait pas la plus value des activités certifiées Mainpro+ à 2 et 3 crédits par heure, ces activités seront donc transférées en heures de formation (divisées par deux ou par trois).

Puisque le Règlement est entré en vigueur le 1er janvier 2019, seules les activités inscrites à compter de cette date sont transférées.

Est-ce que mes activités cumulées lors de ma résidence seront transférés?

Le CMQ ne reconnait pas les activités cumulées lors de la résidence, ce report inscrit à votre dossier Mainpro+ ne sera donc pas transféré.

Qu’est-ce qui arrive avec mes activités inscrites dans le PadPC de la FMOQ?

Vous devez enregistrer toutes vos activités de DPC au même endroit puisqu’un seul choix de transfert vous est offert.  Vous devez donc enregistrer les activités inscrites sur votre relevé PadPC dans la catégorie appropriée de votre portfolio Mainpro+ soit en tant « apprentissage en groupe », « autoapprentissage » ou « évaluation ».  Dans chacune de ces catégories, vous retrouverez dans le menu déroulant le choix « Crédits de Catégorie 1 du Québec » qui représente les activités certifiées par les autres organismes accréditeurs du Québec, dont la FMOQ.

Qu’est-ce que cette nouvelle exigence d’activités d’évaluation de l’exercice de la profession?

Le CMQ exige que vous complétiez dix heures d’évaluation de l’exercice de la profession par cycle de cinq ans. Il est important de noter que la période de référence (cycle) du CMQ s’étend de janvier 2019 à décembre 2023. Il n’y a pas d’exigence relative à l’évaluation de l’exercice pour 2019 — vous aurez jusqu’à décembre 2023 pour obtenir et inscrire ces heures.

Plusieurs activités d’évaluation de l’exercice s’offrent déjà à vous.  Chacune des organisations accréditeurs du Québec travaille à développer de plus amples opportunités vous permettant de rencontrer cette nouvelle exigence au cours des prochaines années, sans soucis.

Nous vous rappelons que l’exigence est de 10 heures sur 5 ans.

Quelles activités puis-je suivre pour accumuler les dix heures d’évaluation de l’exercice requises? 

Voici quelques options :

1.       À partir des Activités à venir du CMFC, faites une recherche pour Évaluation :  

a)       Sous Province, sélectionnez QC (veuillez noter que les activités d’évaluation sont offertes au niveau provincial et au niveau national).

b)      Sous Catégorie, sélectionnez Évaluation

2.       À partir de la plateforme Mainpro+, vous pouvez voir les différents types d’activités d’évaluation certifiées en suivant les étapes suivantes :

a)       Cliquez sur AJOUTER UNE ACTIVITÉ DE DPC

b)      Sous Catégorie, sélectionnez Évaluation

c)       Sous Type de certification, sélectionnez Certifiées

d)      Faites votre choix à partir du menu déroulant sous Type d’activité

Je veux commencer dès maintenant. Comment puis-je obtenir des heures d’évaluation de l’exercice maintenant?

Relier l’apprentissage à l’évaluation : Le formulaire Relier l’apprentissage à l’évaluation est un exercice de réflexion autogéré et semi-structuré permettant d’obtenir jusqu’à cinq crédits certifiés Mainpro+ d’évaluation de l’exercice (cinq heures reconnues). Remplissez le formulaire pour faire un retour sur une question survenue dans le courant de votre pratique. Sur le formulaire, indiquez le nombre d’heures que vous avez consacrées à cette activité. Vous pouvez compléter autant d’exercices Relier l’apprentissage que vous voulez pendant un cycle de cinq ans.

Vous retrouverez ce formulaire dans votre profil Mainpro+ en cliquant sur « Entrer une nouvelle activité de DPC ». Choisir la catégorie « Évaluation » / « Certifiée » / puis dans le menu déroulant « Relier l’apprentissage à l’évaluation ».

Les formulaires d’évaluation de l’exercice de la FMOQ : vous pouvez enregistrer les activités inscrites au PadPc sous la rubrique « évaluation de l’exercice » dans votre profil Mainpro+ en cliquant sur « Entrer une nouvelle activité de DPC » et choisissant la catégorie « Évaluation » / « Certifiée » puis « Crédit de Catégorie 1 du Québec » dans le menu déroulant.

À qui dois-je m’adresser si j’ai une question? 

Veuillez communiquer avec le personnel du DPC au bureau national du CMFC en écrivant à mainprocredits@cfpc.ca ou en composant le 1 800 387-6197, poste 560, ou avec le Collège québécois des médecins de famille au 1 800 481-5962 dpc@cqmf.qc.ca .

Je suis membre parce que ...

 Je reçois le soutien nécessaire pour devenir un meilleur médecin, jour après jour 

Marie-Claude Moore, M.D., CCMF

 Les membres de cette grande famille me ressourcent et m’inspirent! 

Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF

 Le CQMF me permet de développer un soutien concret aux jeunes médecins du Québec 

Dominique Deschênes, M.D., CCMF, FCMF

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