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En raison de la situation sanitaire causée par la COVID-19, l’assemblée annuelle des membres du CQMF qui devait se tenir en juin dernier a été déplacée au 18 septembre 2020, de 12 h à 13 h.

Exceptionnellement, notre rendez-vous annuel se tiendra, cette année, en mode virtuel.

Pour plus d’informations, écrivez-nous à info@cqmf.qc.ca.

5 septembre 2020

ISABELLE LÉGARÉ – Le Nouvelliste

DR SAMUEL BLAIN
Photo : François Gervais

CHRONIQUE / Un jeune homme entre dans la petite pièce faisant office de cabinet de médecin. Une jambe dans le plâtre, il se déplace à l’aide de béquilles. Une fracture du talon en s’amusant à sauter dans des marches en béton…

«Le reste, la santé mentale, ça va? L’anxiété, pas si pire?»

Le gars se redresse sur sa chaise, à l’aise avec cette question du docteur Samuel Blain qui lui parle sur un ton amical, sincèrement intéressé par sa réponse.

Oui, il va «quand même» bien, mais ne se sent pas apte à travailler. Peut-être plus tard.

«Je n’ai pas la même énergie qu’une personne normale. Je suis comme plus gêné, on dirait…»

Il lui arrive encore d’entendre des voix, mais ne consomme plus ni drogue ni alcool. Des ajustements doivent être apportés à sa médication. Prochaine étape: se trouver un appartement. Ses parents devraient lui donner un coup de main.

«Wow! Tu es chanceux qu’ils soient proches de toi comme ça! C’est très aidant!», réagit avec enthousiasme le médecin qui venait de l’encourager à intégrer, une fois sur ses deux pieds, un plateau de travail. Cet endroit lui permettrait d’acquérir de nouvelles expériences en tenant compte de sa condition mentale.

Difficile de dire si le jeune homme entend suivre son conseil, mais le bon docteur a visiblement semé un début de réflexion en lui.

Samuel Blain porte la barbe, une paire de jeans, des chaussures de randonnée et une chemise en lin de style indien. Oubliez le sarrau blanc.

Le stéthoscope n’est pas accroché à son cou. L’instrument est momentanément disparu sous un dossier qu’il a cessé de remplir le temps d’accorder toute son attention à l’éclopé somme toute de belle humeur.

Je suis assise discrètement dans le coin du bureau, à côté de l’infirmière qui établit le premier contact entre le médecin et les personnes venues le consulter. Le bras tatoué et les cheveux colorés, la sympathique Roxanne prend des notes, apporte une précision, partage son avis et n’hésite pas à faire preuve d’humour si besoin il y a, pour détendre l’atmosphère.

Elle connaît son monde. Le genre à offrir une poutine pour amadouer celui ou celle qui est en proie à des hallucinations provoquées par sa dépendance aux amphétamines.

Nous sommes au Centre Le Havre, à Trois-Rivières, qui accueille des hommes et des femmes en situation d’exclusion sociale et d’itinérance. Sauf exception, ces personnes marginalisées n’iront pas chercher les soins nécessaires dans un CLSC, au sein d’une clinique médicale ou à l’hôpital.

Le docteur Blain s’est donné pour mission d’aller vers eux.

Il veut contrer l’indifférence envers ces gens aux prises avec des problématiques multiples et complexes (problèmes de santé mentale, toxicomanie, troubles de la personnalité, etc.) Le médecin profite également de toutes les tribunes qui s’offrent à lui pour vanter les bienfaits des soins de proximité.

Il travaille étroitement avec la collaboration d’organismes qui œuvrent auprès de cette population difficile à rejoindre, mais dont la quête de l’équilibre entre la santé physique, psychologique et sociale est tout aussi essentielle.

L’homme de 41 ans prône la santé globale pour soi et pour les autres, en incluant les plus vulnérables d’entre nous. Il donne l’exemple en communiquant avec eux d’égal à égal. C’est une conversation sans jugement, qui va au-delà du talon fracturé.

Son approche fait école.

Le Collège québécois des médecins de famille lui a récemment décerné un prix d’excellence 2020 pour sa contribution à la vie communautaire.

Médecin de famille dans une clinique de Shawinigan où le tiers de ses quelque 1000 patients sont des enfants, Samuel Blain a un curriculum vitae bien garni. Il a une dizaine de titres dont celui de chef de service de médecine générale, volet dépendance et inclusion sociale, au CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Il a été travailleur de rue avant de se tourner vers la médecine.

«J’ai un parcours assez atypique», souligne d’emblée celui qui, dans sa jeune vingtaine, a beaucoup voyagé. Seul, sur le pouce et avec son sac à dos, il s’est rendu jusque sur les chemins de Compostelle.

«J’ai adopté la vie», raconte Samuel Blain qui, au terme de 1500 kilomètres à pied, a su que la nature humaine allait être au cœur de ses actions.

«Je voulais faire de la médecine sociale, plus engagée. C’est d’ailleurs le titre d’un cours dont je suis responsable à l’Université de Montréal.

«Rien n’est possible sans le lien de confiance», soutient le docteur Blain en insistant sur la nécessité de faciliter l’accueil des exclus dans le réseau de la santé.

Ils n’iront pas consulter, sauf en situation de crise. Et encore… Ils se méfient souvent du système.

«Quand on voit quelqu’un dans la rue, c’est la pointe de l’iceberg.»

Samuel Blain donne l’exemple de celui qui risque de se voir refuser l’accès à un rendez-vous médical après 30 minutes de retard.

Le médecin ne cherche pas à l’excuser, mais il rappelle ceci: «Ce n’est pas toujours évident de trouver un local dans une tour de Babel quand tu ne sais pas lire ou que tu dois consommer aux deux heures. C’est sûr que tu ne t’y rends pas…»

Entouré d’une équipe d’intervenants, le docteur Blain offre des soins auprès d’une clientèle qui, peu à peu, accepte de raconter son histoire et d’être accompagnée vers les ressources pouvant l’aider.

«On discute ensemble pour faire une meilleure lecture de la situation.»

Avec ouverture d’esprit, en s’intéressant vraiment à lui ou à elle, en recréant des liens.

Au final, c’est le gars ou la fille en face du médecin qui se mobilise pour sa propre santé.

Comme ce jeune homme en béquilles qui est reparti en sachant qu’on a pris le temps de s’asseoir avec lui. Pour lui.

3 août 2020

CLAUDINE HÉBERT – Le Médecin du Québec

DR PIERRE-PAUL TELLIER
Photo : Heidi Hollinger

Depuis plus de quarante ans, le Dr Pierre-Paul Tellier consacre sa pratique médicale à la vie communautaire des arrondissements Notre-Dame-de-Grâce et Côte-des-Neiges, particulièrement pour aider les enfants et adolescents à risque. Un parcours qui lui a valu le prix du Médecin de famille de l’année 2020 décerné, en juin dernier, par le Collège québécois des médecins de famille.

« Et dire que je suis devenu omnipraticien parce que je souhaitais quitter le plus rapidement possible le milieu universitaire. Je détestais cet environnement de compétition et de performance à tout prix », avoue d’emblée ce diplômé de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa. Un choix de carrière, précise-t-il, qu’il n’a ensuite jamais regretté.

Dès ses premières heures en résidence de médecine familiale à l’Hôpital pour enfants de Montréal, le Dr Tellier a découvert qu’il était au bon endroit. « Je pouvais enfin prodiguer la même médecine que celle de mon idole de jeunesse, le Dr Marcus Welby. J’étais un grand admirateur de ce personnage de série télévisée américaine. C’était un homme aimable qui soignait les gens, peu importe leur âge et qui ils étaient. C’était le médecin que je voulais devenir… et que je suis devenu », raconte le clinicien qui a grandi dans la ville ontarienne de Pembroke, à 140 km à l’ouest d’Ottawa.

Une fois sa résidence terminée, le Dr Tellier est allé suivre une formation complémentaire (fellowship) en santé des adolescents au Bellevue Hospital, à New York. Pendant deux ans, il a perfectionné sa pratique en compagnie de la Dre Adèle Hoffman, l’une des fondatrices de la discipline aux États-Unis.

À son retour à Montréal, à la fin des années 1970, le Dr Tellier a décroché le poste de directeur du service de santé pour étudiants de l’Université McGill, poste qu’il a occupé pendant près de 35 ans, soit jusqu’en 2015. C’est d’ailleurs dans le cadre de cet emploi que le Dr Tellier a été surnommé « Dr T » par les étudiants.

Le nom du Dr Pierre-Paul Tellier a aussi été étroitement associé pendant plus de 37 ans à l’organisme communautaire À deux mains/Head & Hands, dans l’arrondissement Notre-Dame-de-Grâce. Née en 1970, cette organisation vient en aide aux jeunes de 12 à 25 ans.

J’étais un grand admirateur du personnage du Dr Marcus Welby. C’était un homme aimable qui soignait les gens, peu importe leur âge et qui ils étaient. C’était le médecin que je voulais devenir… et que je suis devenu.

Enfin, même à l’aube de ses 70 ans, l’heure de la retraite n’a pas encore sonné pour le Dr Tellier qui continue de pratiquer au CLSC Côte-des-Neiges et à la Clinique Medic Elle. « Depuis ma toute première journée de pratique, dit-il, j’ai toujours été fasciné par cette médecine de première ligne qui permet de suivre nos patients sur plusieurs années. Actuellement, j’ai le privilège de soigner les petits-enfants de mes premiers patients du temps de mes deux années de résidence. »

Le Dr Tellier demeure également actif sur le campus de McGill. À titre de professeur agrégé, il enseigne à des étudiants en médecine et en sciences infirmières. Ses champs d’expertise concernent notamment la santé sexuelle, la violence conjugale ainsi que la traite de personnes. Faisant de la recherche au sein du programme de résidence en médecine de famille, le Dr Tellier a d’ailleurs plusieurs projets en tête. Le dernier en lice : venir en aide aux jeunes transgenres issus de l’immigration.

15 juin 2020

TEXTE COLLECTIF – IDÉES – Le Devoir

Photo: Kimberly P. Mitchell Detroit Free Press via Associated Press

Parmi les mesures mises en place par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec pour faire face à la COVID-19, de nombreuses activités cliniques ont été délestées. Parmi elles, les mammographies prévues dans le cadre du Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS). Dans une récente sortie à la une du Devoir ainsi qu’à la radio de Radio-Canada, le Dr Sarkis H. Meterissian, coprésident du comité consultatif de la Fondation du cancer du sein du Québec, s’inquiétait du fait que, depuis huit semaines, aucune mammographie de dépistage n’avait été réalisée, laissant présager un « tsunami » de patientes à traiter lorsque les activités reprendront. Or, cette crainte repose sur une surestimation des bénéfices associés au dépistage. La valeur qu’on lui attribue occulte ses effets délétères, qui sont pourtant bien réels.

Il faut distinguer les mammographies à visée diagnostique des mammographies dites de dépistage. Dans le premier cas, la patiente présente un symptôme laissant suspecter une pathologie sous-jacente : une masse, un écoulement ou tout autre changement à un sein. Dans ce cas, il faut établir la nature de l’anomalie de la patiente afin qu’elle puisse bénéficier des traitements appropriés dans les meilleurs délais. De même, les patientes qui ont déjà reçu un diagnostic et des traitements pour un cancer du sein doivent faire l’objet d’un suivi tel qu’il a été déterminé par leur médecin. Il n’est pas question de remettre en cause la pertinence ou la nécessité de la mammographie pour ces patientes, au contraire.

Lorsqu’on parle de dépistage, on a affaire à une clientèle qui ne présente aucun symptôme. La prémisse du dépistage du cancer en général, et du PQDCS en particulier, est que si on trouve le cancer plus tôt, avant qu’il soit perceptible ou cause des symptômes, on pourra ainsi mieux traiter et guérir plus de patientes. S’il est vrai que les mammographies réalisées dans le cadre du PQDCS permettent de trouver et traiter de nombreux cas de cancers du sein, l’effet sur la mortalité par cancer du sein n’est vraisemblablement pas aussi important qu’on pourrait penser. Selon les chiffres publiés par le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs (GECSSP), il faut dépister 1333 femmes âgées entre 50 et 59 ans (ou 1087 femmes âgées de 60 à 69 ans) par mammographie tous les deux ans pendant au moins 7 ans pour éviter un décès par rapport à des femmes qui n’auraient pas participé au dépistage. Or, pour chaque décès (par cancer du sein) évité grâce au dépistage, 3 à 4 femmes sont « surdiagnostiquées » avec ce cancer, c’est-à-dire qu’elles subiraient des traitements inutiles pour un cancer qui, en l’absence de sa découverte dans le cadre du dépistage, ne leur aurait jamais causé problème. C’est ce qu’on appelle le surdiagnostic. La difficulté est qu’une fois le diagnostic posé, il est impossible de dire à la patiente si elle a un cancer qui relève de la première ou de la seconde catégorie. Pour elle, par contre, le poids du diagnostic et ses implications sont tout aussi graves. Il faut aussi considérer que, durant la même période de dépistage, entre 250 à 300 femmes auront reçu un résultat faussement positif qui leur vaudra de subir l’anxiété d’investigations supplémentaires et potentiellement une cascade diagnostique qui les exposera à des biopsies voire à des chirurgies.

Premièrement, ne pas nuire

L’exemple du cancer du sein nous renvoie à la question, très concrète, du bénéfice et des risques d’exposer un patient ou une patiente à un test. Faire un ou des tests peut sembler une bonne idée, mais faut-il encore qu’ils apportent quelque chose de significatif. Dans les dernières décennies, le nombre de recommandations et de tests suggérés, notamment chez des patients par ailleurs bien portants et ne présentant pas de symptômes d’appel d’une pathologie particulière a explosé, exposant ces derniers aux risques de la surmédicalisation, de la surinvestigation et du surdiagnostic.

Il est encore trop tôt pour tracer un portrait de l’impact du délestage des activités cliniques. Il n’est cependant pas incongru de penser que certains patients pourraient, ultimement, avoir été « sauvés » par la COVID-19, une situation qui n’est pas sans rappeler une célèbre publication dans le JAMA Internal Medicine qui démontrait que les patients hospitalisés en cardiologie mouraient paradoxalement moins durant les grands congrès nationaux de la spécialité, alors que les hôpitaux étaient désertés par les spécialistes de la discipline. Est-ce à dire que les médecins nuisent à leurs patients ? Non. Mais nous avons le potentiel de le faire en les exposant à des interventions et à des investigations dont le risque n’est pas corrélé par les bénéfices qu’ils peuvent espérer ou sans leur expliquer l’équilibre entre les bénéfices et les risques, comme dans le cas du dépistage du cancer du sein.

Alors qu’on organise actuellement la reprise des activités cliniques, une tâche qui s’annonce colossale et qui en elle-même génère beaucoup d’inquiétudes, particulièrement chez les patients qui attendaient des investigations et des traitements avant la pause forcée des dernières semaines, nous sommes d’avis que la reprise des activités de dépistage dans la population générale, en cancer du sein notamment, ne doit pas être une priorité. Le contexte actuel doit servir à remettre en question plus largement nos choix dans l’offre de services cliniques de manière à prioriser les interventions qui ont démontré une efficacité et des bénéfices concrets pour les patients et patientes.

Signataires :

Membres du groupe de travail sur les meilleures pratiques et formateurs de la formation de développement professionnel continu « Pour une pratique éclairée, une utilisation judicieuse des examens et des traitements », Collège québécois des médecins de famille.

Pascale Breault, M.D., CCMF, GMF-U Nord de Lanaudière, chargée d’enseignement clinique, Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université Laval.

Guylène Thériault, M.D., CCMF, GMF d’Aylmer, membre du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs.

René Wittmer, M.D., CCMF, GMF-U des Faubourgs, professeur adjoint de clinique, Département de médecine de famille et de médecine d’urgence de l’Université de Montréal.

Samuel Boudreault, M.D., M.Sc., CCMF, GMF-U Nord de Lanaudière, professeur agrégé de clinique, Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université Laval.

Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF, présidente du Collège québécois des médecins de famille, professeure d’enseignement clinique au Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université Laval.

Hélène Landry, M.D., CCMF (MU), directrice médicale GMF-U Laurier, professeure d’enseignement clinique au Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université Laval.

Geneviève Bois, M.D., CCMF, médecin de famille CMC Whapmagoostui, chargée de clinique au Département de médecine familiale, Université McGill.

Cette année de pandémie marque une période de transition pour plusieurs, c’est pourquoi le CQMF et son programme de mentorat s’adaptent aux nombreux besoins émergents. Soyez mentoré-e ou mentor-e, selon la nouvelle formule qui conviendra le mieux à vos attentes.

NOUVEAUTÉS 2020

Expérimentez le mentorat web (JUMO) dans une zone virtuelle réservée pour vous!
Vous êtes au doctorat, en résidence ou médecin en exercice, le CQMF met à votre disposition une application de mentorat pour vous soutenir dans votre cheminement personnel et professionnel. Futurs mentorés-ées et mentors-res inscrivez-vous!

5 ANS DÉJÀ

Cumulez 40 crédits de formation continue grâce au programme de mentorat (PdM) du CQMF!

Cette année, les inscriptions pour la 5e cohorte s’ouvrent à tous nos médecins de famille, peu importe le nombre d’années de pratique. Fort de l’expérience acquise depuis sa lancée il y a 4 ans, le PdM vous offre un soutien structuré, mentoré-e et mentor-e, pour votre développement personnel et professionnel.

CHOISISSEZ votre mode d’accompagnement. Les places sont limitées!

Je choisis!

Votre CQMF, votre mentorat sur mesure!
***

Mentorat informel (JUMO) : c’est la possibilité de faire partie du réseau virtuel privé de mentorat du CQMF. Vous engagez des échanges avec des mentors de votre choix, les sujets discutés et la durée de votre engagement sont à votre discrétion. Le tout est facilement accessible via une application téléchargeable sur votre téléphone intelligent.

Mentorat formel (PdM) : c’est la possibilité de vous inscrire à la 5e cohorte de dyades du CQMF, de bénéficier de l’accompagnement d’une mentore ou d’un mentor de votre choix pendant 12 mois et de recevoir jusqu’à 40 crédits Mainpro+.

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eConsult Québec devient le « conseil numérique (CN) »! Ce nouveau service sera déployé partout au Québec au cours de l’automne 2020. Il favorise une communication rapide entre médecins de famille et autres médecins spécialistes en donnant accès en temps opportun aux conseils médicaux spécialisés. Il contribue ainsi à une meilleure prise en charge par le médecin de famille.

Des médecins spécialistes à portée de clic

Concrètement, le conseil numérique permet de réduire le temps d’attente des patients pour obtenir les conseils d’un médecin spécialiste. Le délai de réponse moyen est de 4 jours. Le plan d’action du médecin de famille est bonifié dans 57 % des cas et la consultation en personne du patient avec le spécialiste est évitée dans 40 % des cas. Les patients y gagnent, tout le monde y gagne!  

L’histoire des origines

Cette petite histoire a commencé en 2014 avec la présentation, au Collège des médecins de famille du Canada, du projet ontarien Champlain BASEMD eConsult, l’innovation des docteures Clare Liddy et Erin Kelly.

Convaincu que cette innovation pouvait répondre à besoin réel au Québec, le Collège québécois des médecins de famille, votre CQMF, lance sans tarder l’initiative d’une mouture québécoise de ce mode numérique d’accès aux conseils spécialisés, eConsult Québec. Les premières eConsult voient le jour en sol québécois en 2017.

Plus de 4 années de travaux auront permis d’atteindre l’objectif poursuivi, soit réduire le temps d’attente des patients pour obtenir les conseils d’un médecin spécialiste, conseils qui s’obtiennent dans un délai qui rassure les patients et améliore leur prise en charge.

Ressources en lien avec la COVID-19

Ressources du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec pour les professionnels-les de la santé.

Réponses rapides produites par l’INESSS présentant des constats et positions sur des enjeux en lien avec la COVID-19.

Outil de vulgarisation pour expliquer les niveaux de soins.

TopCOVID-19 pour un soutien à vos équipes durant cette période de pandémie; vidéos, sites et publications pertinentes.

Information et ressources du CMFC.

Webinaires du CMFC diffusés en direct portant sur des sujets cliniques.
Il est possible d’écouter les enregistrements de ces webinaires dans la section « Webinaires précédents« .

Répertoire de ressources pour les activités pédagogiques fondamentales.

Triage pour l’accès aux soins intensifs et l’allocation des ressources (Collège des médecins du Québec).

Guide d’accompagnement du PAMQ pour mettre sur pied ou rejoindre un groupe de soutien favorisant la discussion entre médecins.

Obtenez des crédits Mainpro+ pour toutes vos précieuses expériences d’apprentissage liées à la COVID-19.

L’Agence de la santé publique du Canada publie le nouveau guide intitulé Prise en charge clinique des patients ayant la COVID-19 – Lignes directrices provisoires, deuxième version.

13 février 2020

par Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF Profession Santé – L’actualité médicale

Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de participer aux entrevues de résidence en médecine de famille. J’y ai rencontré de jeunes médecins intéressés, équilibrés, qui ont déjà un bagage de vie et un aperçu de la pratique médicale à travers leurs yeux d’externes dans nos hôpitaux… J’ai senti chez eux un désir de s’investir dans la relation de continuité, qui unit le médecin de famille à ses patients, relation qui est au cœur de notre belle profession.

Qu’est-ce qui fait que cet enthousiasme se transforme parfois en détresse chez les résidents et les médecins en exercice? Qu’est-ce qui explique l’explosion des problèmes de santé mentale dans toute notre société? Dans ma patientèle, je vois tellement de parents épuisés, d’enfants avec un TDAH ou un trouble de comportement, avec bien souvent l’anxiété comme trame de fond… Et si tout venait de notre mode de vie effréné?

Prendre du temps

J’ai lu récemment le livre Éloge de la lenteur de Carl Honoré, qui m’a fait réaliser notre rapport au temps dans cette recherche toujours plus grande d’efficacité. Il y a un « tempo giusto », un temps juste pour chaque chose ‒ alors que certaines situations exigent évidemment de la rapidité (on se verrait mal prendre son temps en réanimation!) ‒, le débit accéléré ne peut être maintenu continuellement au risque de s’épuiser. On dit souvent en médecine de famille que le temps est notre meilleur allié pour comprendre une pathologie.

J’ai aussi entendu parler dernièrement du concept de « Nature deficit disorder », ou comment le fait d’être coupé de la nature engendre de multiples pathologies chez les humains, de l’anxiété à l’hypertension et aux maladies cardiovasculaires. Le concept de prescription de nature a été implanté chez nos voisins américains (Parc Rx America), imités par nos collègues de la Colombie-Britannique (Healthy By Nature). Mais le concept est largement répandu au Japon ‒ les médecins prescrivent depuis les années 1980 le Shinrin-yoku, bain de forêt thérapeutique aux multiples vertus pour le corps et l’esprit!

Le fait d’avoir plus d’arbres en milieu urbain contribue grandement à réduire la pollution et les maladies pulmonaires et cardiovasculaires. Le Dr Pierre Gosselin a récemment fait circuler une lettre pour demander au gouvernement un engagement en matière de verdissement urbain. Le Dr François Reeves, cardiologue au CHUM, milite également pour cette cause et a écrit plusieurs livres à ce sujet.

Ainsi, je pense que l’un des principaux remèdes à s’accorder et à recommander à nos patients est de prendre le temps de ralentir et d’être pleinement avec nos proches, de profiter de chaque moment avec eux; nos enfants, nos amis… et nos patients. Et de faire du sport, dans la nature si possible!

Réseauter, ça fait du bien

L’autre aspect qui fait du bien, cette fois au niveau professionnel, c’est de se concentrer sur les choses constructives; faire de petits changements localement qui peuvent amener beaucoup de positif. Et, réseauter avec des gens inspirants!

Le groupe de travail sur l’innovation en médecine de famille, découlant des Symposiums sur les innovations du CQMF, travaille de concert avec l’INESSS pour voir à soutenir les innovations les plus porteuses. Entre autres bijoux présentés lors de cette deuxième édition de mai 2019 : le site web Question pour un pharmacien. Il s’agit d’une plateforme en ligne lancée en 2016 par Alexandre Chagnon, pharmacien à Granby et au CIUSSS de l’Estrie. Belle ressource pour nos patients, elle permet de réduire les consultations à l’urgence pour des problèmes fréquents et offre des réponses beaucoup plus adéquates que « Dr Google »! La plateforme informatique PrescripTIon (PrescribeIT en anglais) est également l’une des innovations présentées en mai dernier. Cette dernière favorise des communications simplifiées bidirectionnelles entre médecins et pharmaciens, directement via le dossier électronique.

Le soutien entre collègues, que ce soit en début de pratique ou lors de transitions, est également un élément de notre bien-être comme soignant. L’accompagnement offert par le programme de mentorat du CQMF peut ainsi aider nos membres à s’épanouir personnellement et professionnellement. Aussi, bien s’organiser en début de pratique est le thème de l’événement CQMF du 12 juin 2020 : l’objectif de la journée est d’offrir un soutien pour naviguer avec assurance entre les aspects administratifs, interprofessionnels, éthiques, médicolégaux, de gestion du temps et du personnel, qui pimentent parfois un peu trop le quotidien! Les inscriptions sont maintenant ouvertes, ne tardez pas, les places sont limitées!

Et vous, qu’est-ce qui vous fait du bien? Qu’est-ce qui vous ressource, vous permet de garder l’équilibre et le sourire au fil de vos semaines chargées?

BRIGITTE TRAHAN – Le Nouvelliste

Shawinigan — En 41 ans de pratique médicale à Grand-Mère et Shawinigan, la Dre Diane Robert, médecin de famille dévouée, a toujours cherché à en faire un peu plus, d’abord pour ses patients, mais également, à la veille d’une retraite bien méritée, pour ses jeunes collègues à qui elle enseigne.

Dr Diane Robert
Dr Diane Robert

Arrivée en 1978 à l’Hôpital Laflèche de Grand-Mère, elle fut la première femme médecin à Grand-Mère, une période où les femmes n’étaient représentées qu’à 20 % dans la profession.

Jeune maman, le désir d’être auprès de ses patients et celui d’être également près de ses enfants donnaient souvent lieu à des choix très déchirants, se souvient-elle. Elle a dû ralentir sa carrière pour prendre soin de sa fille, atteinte d’une maladie génétique héréditaire rare qui la rendait peu à peu sourde et en déficience visuelle. Ses efforts de mère ont été récompensés puisque malgré cette grande épreuve, sa fille est devenue pharmacienne en CHSLD, une profession qu’elle occupe d’ailleurs toujours.

La compassion est un trait de personnalité de la Dre Robert qui s’impose dès le début dans sa profession de médecin. Dès ses premières années, elle fera bataille notamment pour que les parents puissent demeurer en tout temps auprès de leur enfant hospitalisé au lieu des deux petites heures autorisées par l’hôpital dans ces années-là.

Avec une équipe de divers professionnels de la santé, elle s’intéressera plus tard à la violence faite aux personnes âgées. «On a fait des formations à l’AFÉAS, à l’Âge d’or et dans le réseau. C’était un peu d’avant-garde pour le temps», raconte-t-elle.

Lorsque l’Hôpital Laflèche a été transformé en centre d’hébergement et de soins en réadaptation, la Dre Robert devient, pendant 13 ans, chef du service de réadaptation et de gériatrie. Ce moment de sa carrière est sans doute celui qui lui apportera le plus de fierté. «On avait formé un comité sur l’utilisation des mesures de contrôle, donc des contentions», dit-elle. Pas moins de 475 personnes ont été formées dans l’établissement, du directeur au responsable des cuisines, ce qui a permis de diminuer les contentions de 52 % à 12 %. «Ce fut quelque chose d’important pour moi de redonner aux personnes âgées cette liberté de mouvement qu’au nom de la sécurité, on leur enlevait», dit-elle. Des parties de cette formation ont été reprises par la suite pour créer une formation provinciale.

L’expérience inestimable de la Dre Robert en fait éventuellement une formatrice recherchée par la Faculté de médecine de l’Université de Montréal qui s’est implantée à Trois-Rivières. Elle enseignera à tous les niveaux de la formation des médecins et demeure aujourd’hui responsable des cours d’éthique aux externes et de cours théoriques. Elle enseigne également aux médecins en résidence à l’Unité de médecine familiale de Shawinigan-Sud. À 65 ans, la Dre Robert est maintenant leader pédagogique pour l’Université de Montréal et ne s’arrête toujours pas, «car j’ai du bonheur à être avec les étudiants», dit-elle.

Malgré toutes ses responsabilités, elle faisait environ 25 heures de bureau par semaine. «J’ai eu 750 patients que j’ai suivis au bureau pendant toutes ces années. La majorité d’entre eux, je les ai suivis pendant 30 à 40 ans», dit-elle en précisant qu’elle a quitté sa pratique le 29 août dernier. Au GMF de Grand-Mère, 11 de 14 nouveaux médecins ont été ses étudiants, signe que le temps passe. «Ils ont tous repris mes patients.»

«Maintenant, je prends soin des étudiants et je les aide à se développer.» La Dre Robert se plaît à partager avec eux des valeurs d’humanisme, car «ce qui se passe dans le cœur a souvent un impact sur la maladie», plaide-t-elle. Détentrice du prix Pierre-Hamel et de plusieurs prix pour sa pédagogie, notamment pour le mentorat auprès de ses jeunes collègues, la Dre Diane Robert souhaite s’accorder encore trois années, environ, pour partager avec ses étudiants en médecine la somme importante de connaissances et d’expériences professionnelles récoltées pendant plus de quatre décennies de pratique médicale.

27 septembre 2019

par Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF Profession Santé – L’actualité médicale

C’est avec enthousiasme que je vous adresse ces quelques mots en tant que nouvelle présidente du Collège québécois des médecins de famille (CQMF). Je suis à la fois heureuse et fière de prendre les rênes d’un CQMF dont la mission est d’inspirer et soutenir les médecins de famille et leurs partenaires dans l’adoption de meilleures pratiques au bénéfice de la santé de la population. En effet, des médecins de famille engagés œuvrent de concert avec les autres spécialistes et professionnels de la santé en vue d’optimiser les soins et réfléchir, ensemble, à leur pertinence. Notre conseil d’administration a travaillé fort au cours des derniers mois pour peaufiner le plan stratégique des prochaines années, afin de bien refléter les enjeux qui nous sont chers.

Dans le contexte actuel d’explosion de possibilités diagnostiques et thérapeutiques, le concept de « médecine à valeur ajoutée » me tient particulièrement à cœur. Parmi les interventions que nous faisons, lesquelles améliorent réellement la santé ou le bien-être de nos patients? La campagne Choisir avec soin ouvre la porte à la discussion et à la réflexion collective, tant entre soignants qu’avec les patients. L’atelier Pour une pratique éclairée, offert par le CQMF, aide à amorcer des changements dans notre pratique : décisions partagées, déprescription, usage judicieux des examens d’imagerie, etc.

Le bien-être de nos patients passe aussi par les déterminants sociaux de la santé, tels que l’accès à de la nourriture de qualité, la pratique du sport, la qualité de l’air, des logements salubres et abordables. Il est souvent difficile comme médecins, dans nos bureaux, de s’attaquer à ces questions sociétales plus larges. Comment plaider auprès de nos communautés et des gouvernements, comment s’impliquer sans avoir l’impression de donner un coup d’épée dans l’eau? Le fait d’unir nos voix à celles qui s’élèvent déjà, notamment pour demander des engagements en matière d’environnement, est à la portée de toutes et tous. Soyez à l’affût des propositions concrètes que formulera notre groupe de travail sur les causes sociales et environnementales au cours des prochains mois!

Je saisirai également l’occasion de vous entretenir au sujet du Symposium sur les innovations du CQMF qui nous aura permis de découvrir, une fois de plus cette année, de multiples façons d’utiliser la technologie pour améliorer les soins aux patients.

C’est avec entrain que je vois poindre les prochaines années, et j’ai bien hâte de faire votre connaissance à l’occasion de l’un ou l’autre événement du CQMF!

Je suis membre parce que ...

 Je reçois le soutien nécessaire pour devenir un meilleur médecin, jour après jour 

Marie-Claude Moore, M.D., CCMF

 Les membres de cette grande famille me ressourcent et m’inspirent! 

Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF

 Le CQMF me permet de développer un soutien concret aux jeunes médecins du Québec 

Dominique Deschênes, M.D., CCMF, FCMF

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