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5 septembre 2020

ISABELLE LÉGARÉ – Le Nouvelliste

DR SAMUEL BLAIN
Photo : François Gervais

CHRONIQUE / Un jeune homme entre dans la petite pièce faisant office de cabinet de médecin. Une jambe dans le plâtre, il se déplace à l’aide de béquilles. Une fracture du talon en s’amusant à sauter dans des marches en béton…

«Le reste, la santé mentale, ça va? L’anxiété, pas si pire?»

Le gars se redresse sur sa chaise, à l’aise avec cette question du docteur Samuel Blain qui lui parle sur un ton amical, sincèrement intéressé par sa réponse.

Oui, il va «quand même» bien, mais ne se sent pas apte à travailler. Peut-être plus tard.

«Je n’ai pas la même énergie qu’une personne normale. Je suis comme plus gêné, on dirait…»

Il lui arrive encore d’entendre des voix, mais ne consomme plus ni drogue ni alcool. Des ajustements doivent être apportés à sa médication. Prochaine étape: se trouver un appartement. Ses parents devraient lui donner un coup de main.

«Wow! Tu es chanceux qu’ils soient proches de toi comme ça! C’est très aidant!», réagit avec enthousiasme le médecin qui venait de l’encourager à intégrer, une fois sur ses deux pieds, un plateau de travail. Cet endroit lui permettrait d’acquérir de nouvelles expériences en tenant compte de sa condition mentale.

Difficile de dire si le jeune homme entend suivre son conseil, mais le bon docteur a visiblement semé un début de réflexion en lui.

Samuel Blain porte la barbe, une paire de jeans, des chaussures de randonnée et une chemise en lin de style indien. Oubliez le sarrau blanc.

Le stéthoscope n’est pas accroché à son cou. L’instrument est momentanément disparu sous un dossier qu’il a cessé de remplir le temps d’accorder toute son attention à l’éclopé somme toute de belle humeur.

Je suis assise discrètement dans le coin du bureau, à côté de l’infirmière qui établit le premier contact entre le médecin et les personnes venues le consulter. Le bras tatoué et les cheveux colorés, la sympathique Roxanne prend des notes, apporte une précision, partage son avis et n’hésite pas à faire preuve d’humour si besoin il y a, pour détendre l’atmosphère.

Elle connaît son monde. Le genre à offrir une poutine pour amadouer celui ou celle qui est en proie à des hallucinations provoquées par sa dépendance aux amphétamines.

Nous sommes au Centre Le Havre, à Trois-Rivières, qui accueille des hommes et des femmes en situation d’exclusion sociale et d’itinérance. Sauf exception, ces personnes marginalisées n’iront pas chercher les soins nécessaires dans un CLSC, au sein d’une clinique médicale ou à l’hôpital.

Le docteur Blain s’est donné pour mission d’aller vers eux.

Il veut contrer l’indifférence envers ces gens aux prises avec des problématiques multiples et complexes (problèmes de santé mentale, toxicomanie, troubles de la personnalité, etc.) Le médecin profite également de toutes les tribunes qui s’offrent à lui pour vanter les bienfaits des soins de proximité.

Il travaille étroitement avec la collaboration d’organismes qui œuvrent auprès de cette population difficile à rejoindre, mais dont la quête de l’équilibre entre la santé physique, psychologique et sociale est tout aussi essentielle.

L’homme de 41 ans prône la santé globale pour soi et pour les autres, en incluant les plus vulnérables d’entre nous. Il donne l’exemple en communiquant avec eux d’égal à égal. C’est une conversation sans jugement, qui va au-delà du talon fracturé.

Son approche fait école.

Le Collège québécois des médecins de famille lui a récemment décerné un prix d’excellence 2020 pour sa contribution à la vie communautaire.

Médecin de famille dans une clinique de Shawinigan où le tiers de ses quelque 1000 patients sont des enfants, Samuel Blain a un curriculum vitae bien garni. Il a une dizaine de titres dont celui de chef de service de médecine générale, volet dépendance et inclusion sociale, au CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Il a été travailleur de rue avant de se tourner vers la médecine.

«J’ai un parcours assez atypique», souligne d’emblée celui qui, dans sa jeune vingtaine, a beaucoup voyagé. Seul, sur le pouce et avec son sac à dos, il s’est rendu jusque sur les chemins de Compostelle.

«J’ai adopté la vie», raconte Samuel Blain qui, au terme de 1500 kilomètres à pied, a su que la nature humaine allait être au cœur de ses actions.

«Je voulais faire de la médecine sociale, plus engagée. C’est d’ailleurs le titre d’un cours dont je suis responsable à l’Université de Montréal.

«Rien n’est possible sans le lien de confiance», soutient le docteur Blain en insistant sur la nécessité de faciliter l’accueil des exclus dans le réseau de la santé.

Ils n’iront pas consulter, sauf en situation de crise. Et encore… Ils se méfient souvent du système.

«Quand on voit quelqu’un dans la rue, c’est la pointe de l’iceberg.»

Samuel Blain donne l’exemple de celui qui risque de se voir refuser l’accès à un rendez-vous médical après 30 minutes de retard.

Le médecin ne cherche pas à l’excuser, mais il rappelle ceci: «Ce n’est pas toujours évident de trouver un local dans une tour de Babel quand tu ne sais pas lire ou que tu dois consommer aux deux heures. C’est sûr que tu ne t’y rends pas…»

Entouré d’une équipe d’intervenants, le docteur Blain offre des soins auprès d’une clientèle qui, peu à peu, accepte de raconter son histoire et d’être accompagnée vers les ressources pouvant l’aider.

«On discute ensemble pour faire une meilleure lecture de la situation.»

Avec ouverture d’esprit, en s’intéressant vraiment à lui ou à elle, en recréant des liens.

Au final, c’est le gars ou la fille en face du médecin qui se mobilise pour sa propre santé.

Comme ce jeune homme en béquilles qui est reparti en sachant qu’on a pris le temps de s’asseoir avec lui. Pour lui.

3 août 2020

CLAUDINE HÉBERT – Le Médecin du Québec

DR PIERRE-PAUL TELLIER
Photo : Heidi Hollinger

Depuis plus de quarante ans, le Dr Pierre-Paul Tellier consacre sa pratique médicale à la vie communautaire des arrondissements Notre-Dame-de-Grâce et Côte-des-Neiges, particulièrement pour aider les enfants et adolescents à risque. Un parcours qui lui a valu le prix du Médecin de famille de l’année 2020 décerné, en juin dernier, par le Collège québécois des médecins de famille.

« Et dire que je suis devenu omnipraticien parce que je souhaitais quitter le plus rapidement possible le milieu universitaire. Je détestais cet environnement de compétition et de performance à tout prix », avoue d’emblée ce diplômé de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa. Un choix de carrière, précise-t-il, qu’il n’a ensuite jamais regretté.

Dès ses premières heures en résidence de médecine familiale à l’Hôpital pour enfants de Montréal, le Dr Tellier a découvert qu’il était au bon endroit. « Je pouvais enfin prodiguer la même médecine que celle de mon idole de jeunesse, le Dr Marcus Welby. J’étais un grand admirateur de ce personnage de série télévisée américaine. C’était un homme aimable qui soignait les gens, peu importe leur âge et qui ils étaient. C’était le médecin que je voulais devenir… et que je suis devenu », raconte le clinicien qui a grandi dans la ville ontarienne de Pembroke, à 140 km à l’ouest d’Ottawa.

Une fois sa résidence terminée, le Dr Tellier est allé suivre une formation complémentaire (fellowship) en santé des adolescents au Bellevue Hospital, à New York. Pendant deux ans, il a perfectionné sa pratique en compagnie de la Dre Adèle Hoffman, l’une des fondatrices de la discipline aux États-Unis.

À son retour à Montréal, à la fin des années 1970, le Dr Tellier a décroché le poste de directeur du service de santé pour étudiants de l’Université McGill, poste qu’il a occupé pendant près de 35 ans, soit jusqu’en 2015. C’est d’ailleurs dans le cadre de cet emploi que le Dr Tellier a été surnommé « Dr T » par les étudiants.

Le nom du Dr Pierre-Paul Tellier a aussi été étroitement associé pendant plus de 37 ans à l’organisme communautaire À deux mains/Head & Hands, dans l’arrondissement Notre-Dame-de-Grâce. Née en 1970, cette organisation vient en aide aux jeunes de 12 à 25 ans.

J’étais un grand admirateur du personnage du Dr Marcus Welby. C’était un homme aimable qui soignait les gens, peu importe leur âge et qui ils étaient. C’était le médecin que je voulais devenir… et que je suis devenu.

Enfin, même à l’aube de ses 70 ans, l’heure de la retraite n’a pas encore sonné pour le Dr Tellier qui continue de pratiquer au CLSC Côte-des-Neiges et à la Clinique Medic Elle. « Depuis ma toute première journée de pratique, dit-il, j’ai toujours été fasciné par cette médecine de première ligne qui permet de suivre nos patients sur plusieurs années. Actuellement, j’ai le privilège de soigner les petits-enfants de mes premiers patients du temps de mes deux années de résidence. »

Le Dr Tellier demeure également actif sur le campus de McGill. À titre de professeur agrégé, il enseigne à des étudiants en médecine et en sciences infirmières. Ses champs d’expertise concernent notamment la santé sexuelle, la violence conjugale ainsi que la traite de personnes. Faisant de la recherche au sein du programme de résidence en médecine de famille, le Dr Tellier a d’ailleurs plusieurs projets en tête. Le dernier en lice : venir en aide aux jeunes transgenres issus de l’immigration.

15 juin 2020

TEXTE COLLECTIF – IDÉES – Le Devoir

Photo: Kimberly P. Mitchell Detroit Free Press via Associated Press

Parmi les mesures mises en place par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec pour faire face à la COVID-19, de nombreuses activités cliniques ont été délestées. Parmi elles, les mammographies prévues dans le cadre du Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS). Dans une récente sortie à la une du Devoir ainsi qu’à la radio de Radio-Canada, le Dr Sarkis H. Meterissian, coprésident du comité consultatif de la Fondation du cancer du sein du Québec, s’inquiétait du fait que, depuis huit semaines, aucune mammographie de dépistage n’avait été réalisée, laissant présager un « tsunami » de patientes à traiter lorsque les activités reprendront. Or, cette crainte repose sur une surestimation des bénéfices associés au dépistage. La valeur qu’on lui attribue occulte ses effets délétères, qui sont pourtant bien réels.

Il faut distinguer les mammographies à visée diagnostique des mammographies dites de dépistage. Dans le premier cas, la patiente présente un symptôme laissant suspecter une pathologie sous-jacente : une masse, un écoulement ou tout autre changement à un sein. Dans ce cas, il faut établir la nature de l’anomalie de la patiente afin qu’elle puisse bénéficier des traitements appropriés dans les meilleurs délais. De même, les patientes qui ont déjà reçu un diagnostic et des traitements pour un cancer du sein doivent faire l’objet d’un suivi tel qu’il a été déterminé par leur médecin. Il n’est pas question de remettre en cause la pertinence ou la nécessité de la mammographie pour ces patientes, au contraire.

Lorsqu’on parle de dépistage, on a affaire à une clientèle qui ne présente aucun symptôme. La prémisse du dépistage du cancer en général, et du PQDCS en particulier, est que si on trouve le cancer plus tôt, avant qu’il soit perceptible ou cause des symptômes, on pourra ainsi mieux traiter et guérir plus de patientes. S’il est vrai que les mammographies réalisées dans le cadre du PQDCS permettent de trouver et traiter de nombreux cas de cancers du sein, l’effet sur la mortalité par cancer du sein n’est vraisemblablement pas aussi important qu’on pourrait penser. Selon les chiffres publiés par le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs (GECSSP), il faut dépister 1333 femmes âgées entre 50 et 59 ans (ou 1087 femmes âgées de 60 à 69 ans) par mammographie tous les deux ans pendant au moins 7 ans pour éviter un décès par rapport à des femmes qui n’auraient pas participé au dépistage. Or, pour chaque décès (par cancer du sein) évité grâce au dépistage, 3 à 4 femmes sont « surdiagnostiquées » avec ce cancer, c’est-à-dire qu’elles subiraient des traitements inutiles pour un cancer qui, en l’absence de sa découverte dans le cadre du dépistage, ne leur aurait jamais causé problème. C’est ce qu’on appelle le surdiagnostic. La difficulté est qu’une fois le diagnostic posé, il est impossible de dire à la patiente si elle a un cancer qui relève de la première ou de la seconde catégorie. Pour elle, par contre, le poids du diagnostic et ses implications sont tout aussi graves. Il faut aussi considérer que, durant la même période de dépistage, entre 250 à 300 femmes auront reçu un résultat faussement positif qui leur vaudra de subir l’anxiété d’investigations supplémentaires et potentiellement une cascade diagnostique qui les exposera à des biopsies voire à des chirurgies.

Premièrement, ne pas nuire

L’exemple du cancer du sein nous renvoie à la question, très concrète, du bénéfice et des risques d’exposer un patient ou une patiente à un test. Faire un ou des tests peut sembler une bonne idée, mais faut-il encore qu’ils apportent quelque chose de significatif. Dans les dernières décennies, le nombre de recommandations et de tests suggérés, notamment chez des patients par ailleurs bien portants et ne présentant pas de symptômes d’appel d’une pathologie particulière a explosé, exposant ces derniers aux risques de la surmédicalisation, de la surinvestigation et du surdiagnostic.

Il est encore trop tôt pour tracer un portrait de l’impact du délestage des activités cliniques. Il n’est cependant pas incongru de penser que certains patients pourraient, ultimement, avoir été « sauvés » par la COVID-19, une situation qui n’est pas sans rappeler une célèbre publication dans le JAMA Internal Medicine qui démontrait que les patients hospitalisés en cardiologie mouraient paradoxalement moins durant les grands congrès nationaux de la spécialité, alors que les hôpitaux étaient désertés par les spécialistes de la discipline. Est-ce à dire que les médecins nuisent à leurs patients ? Non. Mais nous avons le potentiel de le faire en les exposant à des interventions et à des investigations dont le risque n’est pas corrélé par les bénéfices qu’ils peuvent espérer ou sans leur expliquer l’équilibre entre les bénéfices et les risques, comme dans le cas du dépistage du cancer du sein.

Alors qu’on organise actuellement la reprise des activités cliniques, une tâche qui s’annonce colossale et qui en elle-même génère beaucoup d’inquiétudes, particulièrement chez les patients qui attendaient des investigations et des traitements avant la pause forcée des dernières semaines, nous sommes d’avis que la reprise des activités de dépistage dans la population générale, en cancer du sein notamment, ne doit pas être une priorité. Le contexte actuel doit servir à remettre en question plus largement nos choix dans l’offre de services cliniques de manière à prioriser les interventions qui ont démontré une efficacité et des bénéfices concrets pour les patients et patientes.

Signataires :

Membres du groupe de travail sur les meilleures pratiques et formateurs de la formation de développement professionnel continu « Pour une pratique éclairée, une utilisation judicieuse des examens et des traitements », Collège québécois des médecins de famille.

Pascale Breault, M.D., CCMF, GMF-U Nord de Lanaudière, chargée d’enseignement clinique, Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université Laval.

Guylène Thériault, M.D., CCMF, GMF d’Aylmer, membre du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs.

René Wittmer, M.D., CCMF, GMF-U des Faubourgs, professeur adjoint de clinique, Département de médecine de famille et de médecine d’urgence de l’Université de Montréal.

Samuel Boudreault, M.D., M.Sc., CCMF, GMF-U Nord de Lanaudière, professeur agrégé de clinique, Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université Laval.

Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF, présidente du Collège québécois des médecins de famille, professeure d’enseignement clinique au Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université Laval.

Hélène Landry, M.D., CCMF (MU), directrice médicale GMF-U Laurier, professeure d’enseignement clinique au Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université Laval.

Geneviève Bois, M.D., CCMF, médecin de famille CMC Whapmagoostui, chargée de clinique au Département de médecine familiale, Université McGill.

13 février 2020

par Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF Profession Santé – L’actualité médicale

Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de participer aux entrevues de résidence en médecine de famille. J’y ai rencontré de jeunes médecins intéressés, équilibrés, qui ont déjà un bagage de vie et un aperçu de la pratique médicale à travers leurs yeux d’externes dans nos hôpitaux… J’ai senti chez eux un désir de s’investir dans la relation de continuité, qui unit le médecin de famille à ses patients, relation qui est au cœur de notre belle profession.

Qu’est-ce qui fait que cet enthousiasme se transforme parfois en détresse chez les résidents et les médecins en exercice? Qu’est-ce qui explique l’explosion des problèmes de santé mentale dans toute notre société? Dans ma patientèle, je vois tellement de parents épuisés, d’enfants avec un TDAH ou un trouble de comportement, avec bien souvent l’anxiété comme trame de fond… Et si tout venait de notre mode de vie effréné?

Prendre du temps

J’ai lu récemment le livre Éloge de la lenteur de Carl Honoré, qui m’a fait réaliser notre rapport au temps dans cette recherche toujours plus grande d’efficacité. Il y a un « tempo giusto », un temps juste pour chaque chose ‒ alors que certaines situations exigent évidemment de la rapidité (on se verrait mal prendre son temps en réanimation!) ‒, le débit accéléré ne peut être maintenu continuellement au risque de s’épuiser. On dit souvent en médecine de famille que le temps est notre meilleur allié pour comprendre une pathologie.

J’ai aussi entendu parler dernièrement du concept de « Nature deficit disorder », ou comment le fait d’être coupé de la nature engendre de multiples pathologies chez les humains, de l’anxiété à l’hypertension et aux maladies cardiovasculaires. Le concept de prescription de nature a été implanté chez nos voisins américains (Parc Rx America), imités par nos collègues de la Colombie-Britannique (Healthy By Nature). Mais le concept est largement répandu au Japon ‒ les médecins prescrivent depuis les années 1980 le Shinrin-yoku, bain de forêt thérapeutique aux multiples vertus pour le corps et l’esprit!

Le fait d’avoir plus d’arbres en milieu urbain contribue grandement à réduire la pollution et les maladies pulmonaires et cardiovasculaires. Le Dr Pierre Gosselin a récemment fait circuler une lettre pour demander au gouvernement un engagement en matière de verdissement urbain. Le Dr François Reeves, cardiologue au CHUM, milite également pour cette cause et a écrit plusieurs livres à ce sujet.

Ainsi, je pense que l’un des principaux remèdes à s’accorder et à recommander à nos patients est de prendre le temps de ralentir et d’être pleinement avec nos proches, de profiter de chaque moment avec eux; nos enfants, nos amis… et nos patients. Et de faire du sport, dans la nature si possible!

Réseauter, ça fait du bien

L’autre aspect qui fait du bien, cette fois au niveau professionnel, c’est de se concentrer sur les choses constructives; faire de petits changements localement qui peuvent amener beaucoup de positif. Et, réseauter avec des gens inspirants!

Le groupe de travail sur l’innovation en médecine de famille, découlant des Symposiums sur les innovations du CQMF, travaille de concert avec l’INESSS pour voir à soutenir les innovations les plus porteuses. Entre autres bijoux présentés lors de cette deuxième édition de mai 2019 : le site web Question pour un pharmacien. Il s’agit d’une plateforme en ligne lancée en 2016 par Alexandre Chagnon, pharmacien à Granby et au CIUSSS de l’Estrie. Belle ressource pour nos patients, elle permet de réduire les consultations à l’urgence pour des problèmes fréquents et offre des réponses beaucoup plus adéquates que « Dr Google »! La plateforme informatique PrescripTIon (PrescribeIT en anglais) est également l’une des innovations présentées en mai dernier. Cette dernière favorise des communications simplifiées bidirectionnelles entre médecins et pharmaciens, directement via le dossier électronique.

Le soutien entre collègues, que ce soit en début de pratique ou lors de transitions, est également un élément de notre bien-être comme soignant. L’accompagnement offert par le programme de mentorat du CQMF peut ainsi aider nos membres à s’épanouir personnellement et professionnellement. Aussi, bien s’organiser en début de pratique est le thème de l’événement CQMF du 12 juin 2020 : l’objectif de la journée est d’offrir un soutien pour naviguer avec assurance entre les aspects administratifs, interprofessionnels, éthiques, médicolégaux, de gestion du temps et du personnel, qui pimentent parfois un peu trop le quotidien! Les inscriptions sont maintenant ouvertes, ne tardez pas, les places sont limitées!

Et vous, qu’est-ce qui vous fait du bien? Qu’est-ce qui vous ressource, vous permet de garder l’équilibre et le sourire au fil de vos semaines chargées?

BRIGITTE TRAHAN – Le Nouvelliste

Shawinigan — En 41 ans de pratique médicale à Grand-Mère et Shawinigan, la Dre Diane Robert, médecin de famille dévouée, a toujours cherché à en faire un peu plus, d’abord pour ses patients, mais également, à la veille d’une retraite bien méritée, pour ses jeunes collègues à qui elle enseigne.

Dr Diane Robert
Dr Diane Robert

Arrivée en 1978 à l’Hôpital Laflèche de Grand-Mère, elle fut la première femme médecin à Grand-Mère, une période où les femmes n’étaient représentées qu’à 20 % dans la profession.

Jeune maman, le désir d’être auprès de ses patients et celui d’être également près de ses enfants donnaient souvent lieu à des choix très déchirants, se souvient-elle. Elle a dû ralentir sa carrière pour prendre soin de sa fille, atteinte d’une maladie génétique héréditaire rare qui la rendait peu à peu sourde et en déficience visuelle. Ses efforts de mère ont été récompensés puisque malgré cette grande épreuve, sa fille est devenue pharmacienne en CHSLD, une profession qu’elle occupe d’ailleurs toujours.

La compassion est un trait de personnalité de la Dre Robert qui s’impose dès le début dans sa profession de médecin. Dès ses premières années, elle fera bataille notamment pour que les parents puissent demeurer en tout temps auprès de leur enfant hospitalisé au lieu des deux petites heures autorisées par l’hôpital dans ces années-là.

Avec une équipe de divers professionnels de la santé, elle s’intéressera plus tard à la violence faite aux personnes âgées. «On a fait des formations à l’AFÉAS, à l’Âge d’or et dans le réseau. C’était un peu d’avant-garde pour le temps», raconte-t-elle.

Lorsque l’Hôpital Laflèche a été transformé en centre d’hébergement et de soins en réadaptation, la Dre Robert devient, pendant 13 ans, chef du service de réadaptation et de gériatrie. Ce moment de sa carrière est sans doute celui qui lui apportera le plus de fierté. «On avait formé un comité sur l’utilisation des mesures de contrôle, donc des contentions», dit-elle. Pas moins de 475 personnes ont été formées dans l’établissement, du directeur au responsable des cuisines, ce qui a permis de diminuer les contentions de 52 % à 12 %. «Ce fut quelque chose d’important pour moi de redonner aux personnes âgées cette liberté de mouvement qu’au nom de la sécurité, on leur enlevait», dit-elle. Des parties de cette formation ont été reprises par la suite pour créer une formation provinciale.

L’expérience inestimable de la Dre Robert en fait éventuellement une formatrice recherchée par la Faculté de médecine de l’Université de Montréal qui s’est implantée à Trois-Rivières. Elle enseignera à tous les niveaux de la formation des médecins et demeure aujourd’hui responsable des cours d’éthique aux externes et de cours théoriques. Elle enseigne également aux médecins en résidence à l’Unité de médecine familiale de Shawinigan-Sud. À 65 ans, la Dre Robert est maintenant leader pédagogique pour l’Université de Montréal et ne s’arrête toujours pas, «car j’ai du bonheur à être avec les étudiants», dit-elle.

Malgré toutes ses responsabilités, elle faisait environ 25 heures de bureau par semaine. «J’ai eu 750 patients que j’ai suivis au bureau pendant toutes ces années. La majorité d’entre eux, je les ai suivis pendant 30 à 40 ans», dit-elle en précisant qu’elle a quitté sa pratique le 29 août dernier. Au GMF de Grand-Mère, 11 de 14 nouveaux médecins ont été ses étudiants, signe que le temps passe. «Ils ont tous repris mes patients.»

«Maintenant, je prends soin des étudiants et je les aide à se développer.» La Dre Robert se plaît à partager avec eux des valeurs d’humanisme, car «ce qui se passe dans le cœur a souvent un impact sur la maladie», plaide-t-elle. Détentrice du prix Pierre-Hamel et de plusieurs prix pour sa pédagogie, notamment pour le mentorat auprès de ses jeunes collègues, la Dre Diane Robert souhaite s’accorder encore trois années, environ, pour partager avec ses étudiants en médecine la somme importante de connaissances et d’expériences professionnelles récoltées pendant plus de quatre décennies de pratique médicale.

27 septembre 2019

par Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF Profession Santé – L’actualité médicale

C’est avec enthousiasme que je vous adresse ces quelques mots en tant que nouvelle présidente du Collège québécois des médecins de famille (CQMF). Je suis à la fois heureuse et fière de prendre les rênes d’un CQMF dont la mission est d’inspirer et soutenir les médecins de famille et leurs partenaires dans l’adoption de meilleures pratiques au bénéfice de la santé de la population. En effet, des médecins de famille engagés œuvrent de concert avec les autres spécialistes et professionnels de la santé en vue d’optimiser les soins et réfléchir, ensemble, à leur pertinence. Notre conseil d’administration a travaillé fort au cours des derniers mois pour peaufiner le plan stratégique des prochaines années, afin de bien refléter les enjeux qui nous sont chers.

Dans le contexte actuel d’explosion de possibilités diagnostiques et thérapeutiques, le concept de « médecine à valeur ajoutée » me tient particulièrement à cœur. Parmi les interventions que nous faisons, lesquelles améliorent réellement la santé ou le bien-être de nos patients? La campagne Choisir avec soin ouvre la porte à la discussion et à la réflexion collective, tant entre soignants qu’avec les patients. L’atelier Pour une pratique éclairée, offert par le CQMF, aide à amorcer des changements dans notre pratique : décisions partagées, déprescription, usage judicieux des examens d’imagerie, etc.

Le bien-être de nos patients passe aussi par les déterminants sociaux de la santé, tels que l’accès à de la nourriture de qualité, la pratique du sport, la qualité de l’air, des logements salubres et abordables. Il est souvent difficile comme médecins, dans nos bureaux, de s’attaquer à ces questions sociétales plus larges. Comment plaider auprès de nos communautés et des gouvernements, comment s’impliquer sans avoir l’impression de donner un coup d’épée dans l’eau? Le fait d’unir nos voix à celles qui s’élèvent déjà, notamment pour demander des engagements en matière d’environnement, est à la portée de toutes et tous. Soyez à l’affût des propositions concrètes que formulera notre groupe de travail sur les causes sociales et environnementales au cours des prochains mois!

Je saisirai également l’occasion de vous entretenir au sujet du Symposium sur les innovations du CQMF qui nous aura permis de découvrir, une fois de plus cette année, de multiples façons d’utiliser la technologie pour améliorer les soins aux patients.

C’est avec entrain que je vois poindre les prochaines années, et j’ai bien hâte de faire votre connaissance à l’occasion de l’un ou l’autre événement du CQMF!

31 août 2019

MYRIAM KESSIBY – Santéinc.

Quelles sont les dernières nouveautés et innovations
susceptibles d’influencer votre vie personnelle ou votre pratique médicale ?

Notre chroniqueuse fait le tour des innovations les plus prometteuses du plus récent Symposium du Collège québécois des médecins de famille.

SEKMED – LA COMMUNAUTÉ DE PRATIQUE EN SOUTIEN AU CLINICIEN

L’explosion des médias et des formes de communications entraîne un éclatement des connaissances. Pour rester à jour dans cette multitude d’informations nouvelles, un médecin devrait accorder plus de 20 heures par jour au survol de la littérature portant sur la recherche médicale ! Une tâche impossible, d’autant plus que les médecins n’y accordent qu’une heure par semaine, en moyenne.

Élaborée par Solution Doc 2.0, la plateforme collaborative SEKMED vise justement à soutenir l’évolution des connaissances en médecine en veillant à ce que l’information se rende au clinicien. Ce système permet de mettre en commun diverses ressources médicales à l’intérieur d’une communauté de pratique. Ces ressources interactives sont présentées de façon à être immédiatement utilisables par le clinicien. Concrètement, SEKMED vient appuyer la documentation de l’historique et de l’examen physique, le diagnostic différentiel, la prise de décision, l’apprentissage des meilleures pratiques et bien d’autres choses encore. L’efficience des professionnels de la santé est ainsi accrue dans la prise en charge de problématiques liées aux ressources du système. Le moteur de recherche de SEKMED reconnaît les termes inscrits dans les notes cliniques et affiche les ressources qui y sont associées. Il est alors possible de consulter les informations présentées, de les ajouter à la prise de notes en cours ou de les modifier et de transmettre les modifications à la communauté. Cet outil tirera avantage d’un grand nombre d’utilisateurs, puisque le potentiel de la plateforme grandit avec les contributions des membres de la communauté.

Détails et téléchargement de la plateforme à sekmed.site

TAPERMD – UNE SOLUTION POUR RÉDUIRE LA POLYPHARMACIE

La polypharmacie peut avoir des effets indésirables chez certains patients. TaperMD est un outil visant à aborder ce sujet de manière à minimiser les risques et à optimiser les avantages pour chaque patient. Élaboré en collaboration avec l’Université McMaster, il a été conçu pour aider les médecins, les pharmaciens et les patients à travailler en équipe afin de mieux gérer les effets secondaires des médicaments, en s’inscrivant dans les processus de consultation. Offerte sur le Web, cette solution permet aux professionnels de la santé de disposer de toutes les lignes directrices et des informations requises en un coup d’œil. Le système a pour but de déterminer les médicaments dont les effets secondaires pourraient surpasser les bénéfices. Ainsi, une alerte survient pour suggérer la pause, l’arrêt ou la réduction de la dose de certains médicaments.

TaperMD offre donc les moyens de minimiser les risques en optimisant les avantages. Pour ce faire, la solution aide le professionnel de la santé à élaborer des plans d’action pour mettre en œuvre, ajuster, suivre, surveiller et enregistrer les modifications apportées à la médication. TaperMD permet aussi de recueillir les commentaires des patients, leurs préférences, leurs habitudes de vie et les effets indésirables suspectés des médicaments. Les commentaires d’autres professionnels de la santé, tels que les pharmaciens, peuvent aussi être intégrés. Il est actuellement possible de faire l’essai gratuit de cet outil.

Détails et téléchargement de la solution à tapermd.com

LES DONNÉES AU SERVICE DU CLINICIEN – UN OUTIL SIMPLE D’AIDE À LA DÉCISION EN SANTÉ MENTALE

Des chercheurs de l’Université Laval travaillent actuellement à mettre au point des outils afin de fournir aux professionnels de la santé les meilleures données probantes possible concernant les options de traitement de la dépression et de l’anxiété. Conçu pour une utilisation lors de la rencontre clinique, l’outil d’aide à la décision, lui, est simple, intuitif, et son efficacité est prouvée. Présenté sous forme de cartes que le clinicien peut utiliser comme bon lui semble, il permet, à cette occasion, l’intégration de données probantes sur l’ensemble des traitements de la dépression et des troubles anxieux reconnus comme efficaces. Il facilite aussi la compréhension des enjeux importants pour les patients, peu importe leur niveau de connaissances. Cet outil aide le professionnel de la santé à présenter les options possibles et permet une prise de décision partagée en favorisant une pratique cohérente avec les recommandations des guides de pratique clinique. L’équipe de recherche souhaite offrir un outil aux professionnels et aux milieux cliniques qui veulent prendre des décisions avec plus d’assurance sans allonger la durée des rencontres cliniques, contribuer au développement d’une approche qui minimise l’empreinte sur le déroulement des soins, tout en s’engageant dans une démarche d’amélioration continue de la qualité des soins.

Pour obtenir des exemplaires de l’outil,
contactez la chercheuse principale à
annie.leblanc@fmed.ulaval.ca

7 août 2019

SOPHIE ROUILLARD – Le Citoyen

Andréanne Lefort est la lauréate du Prix de la relève en médecine de famille, décerné par le Collège québécois des médecins de famille, pour l’ensemble de sa jeune carrière qui a permis, notamment, le développement du Groupe de médecine familiale universitaire (GMFU) de Val-d’Or.

En moins de 10 ans de carrière, Dre Andréanne Lefort aura on ne peut plus taillé sa place dans la Vallée-de-l’Or dans le domaine de la santé.  Originaire de Blainville, rien n’indiquait toutefois que la médecin de 32 ans allait faire carrière en Abitibi-Témiscamingue. «Honnêtement, je suis venue à reculons au début!, admet Mme Lefort en riant. Je n’avais jamais mis les pieds ici avant ma résidence en médecine familiale, de 2011 à 2013.»

Toutefois, la Valdorienne d’adoption est rapidement tombée en amour avec la région. «L’accueil des gens d’ici est incomparable, souligne-t-elle. Les citoyens sont tellement chaleureux. De plus, on peut pratiquer beaucoup d’activités en plein air ici, ce qui a été un gros plus pour mon conjoint et moi.» 

Une passion de toujours 

Selon les dires de sa propre mère, Andréanne Lefort a toujours désiré travailler dans le domaine de la santé.

«Il paraît qu’à 6 ans, j’ai dit que je voulais être médecin, raconte-t-elle. Je ne me souviens pas de ça, mais je sais que je n’ai jamais désiré faire autre chose comme métier. J’ai hésité entre plusieurs spécialités, mais jamais je n’ai voulu faire un autre travail que celui de médecin.» 

Sa passion pour son travail aura visiblement été visible tout au long de son parcours scolaire, puisque ce sont ses pairs de l’Université McGill (où elle a fait ses études) qui ont soumis sa candidature pour recevoir le Prix de la relève en médecine de famille.

«Juste d’être en nomination, c’est incroyable, exprime Andréanne Lefort. Je n’y croyais pas. Alors, d’être lauréate du prix, c’est encore plus gratifiant.» 

Dès ses débuts dans le domaine de la santé, la docteure s’est rapidement fait remarquer pour son leadership naturel et ses compétences cliniques. Après seulement trois ans de pratique, Mme Lefort a été ciblée pour le poste de directrice intérimaire du GMF-U. Selon le Collège des médecins de famille, «son travail a été exemplaire, alors qu’elle en a assuré la gestion complète, y compris le personnel, les enseignants et les apprenants».

Aujourd’hui, la docteure est non seulement installée dans la région pour y rester (avec deux enfants et un autre en route!), mais elle est également devenue la responsable du GMFU de la Vallée-de-l’Or en 2017. 

«Ce que j’ai toujours voulu, c’est de pouvoir être en contact avec les patients et leurs familles. Ici, j’ai découvert de nouvelles cultures grâce aux peuples autochtones, mais aussi des gens avec du cœur. Je n’ai jamais regretté d’avoir déménagé ici», conclut Dre Lefort. 

31 juillet 2019

RÉDACTION – L’Hebdo du St-Maurice

DISTINCTION. La Dre Diane Robert, du GMF-U de Shawinigan, est médecin de famille enseignante depuis de nombreuses années. Elle a été honorée du prix Mentor de l’année, tout nouveau prix décerné par le Collège québécois des médecins de famille (CQMF).

Dre Robert est reconnue par ses pairs comme un modèle pour sa sagesse, son dévouement sans borne, son humanisme et ses judicieux conseils.

Cette médecin est une ressource importante pour le programme de résidence en médecine de famille de l’Université de Montréal et le Campus de l’Université de Montréal en Mauricie. Elle a développé, en 2009, un programme de mentorat pour les externes du Campus de l’Université de Montréal en Mauricie. Le but du programme a été de leur offrir un soutien dans la transition, atténuer les chocs de valeurs, le curriculum caché et la gestion de situations cliniques difficiles auxquelles ils sont souvent confrontés. Elle a aussi contribué à la formation de dizaines de mentors pour actualiser ce programme qui, depuis ses prémices, est un franc succès.

2 juillet 2019

PAUL GABOURY – Collaboration spéciale, Le Droit

Chaque semaine, Le Droit rencontre une personne afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Cette semaine, Dre Magali Bigras, reconnue pour son engagement et sa contribution en enseignement de la médecine de famille.

Sa bonne humeur est contagieuse, et elle est douée d’un sens de l’organisation à toute épreuve.  

Elle a su mener à bien l’augmentation progressive du nombre de médecins résidents à Gatineau, tout en s’assurant d’avoir les effectifs médicaux et les espaces nécessaires pour les accueillir.

Elle n’épargne aucun effort ni moyen pour améliorer continuellement la qualité de la formation des résidents. Elle incarne aussi un modèle de disponibilité et d’écoute.

Autant de témoignages marqués par le respect et l’admiration ont été recueillis par le Collège québécois des médecins de famille pour reconnaître l’engagement et la contribution de la Dre Magali Bigras qui vient de remporter le Prix d’excellence 2019 pour sa contribution à l’enseignement de la médecine de famille.

«C’est tout un honneur que de recevoir ce prix d’excellence. Je ne fais pas tout ce travail pour avoir des hommages comme celui-là. Mais j’apprécie que mes efforts pour l’enseignement aux résidents soient reconnus», a souligné la Dre Bigras lors d’une entrevue.

Diplômée de l’Université de Sherbrooke, la Dre Bigras, âgée de 32 ans, est native de l’Abitibi. 

Elle a terminé sa résidence en médecine de famille à l’Université McGill en 2011 et a commencé cette année-là à travailler au Groupe de médecine familiale-universitaire (GMF-U) de Gatineau.

Elle s’est aussi intéressée rapidement à l’enseignement et est devenue responsable de la médecine basée sur les données probantes et de l’organisation des demi-journées académiques des résidents. 

En 2012-2013, elle a quitté brièvement la région et poursuivi son enseignement à Campbellton au Nouveau-Brunswick, avec les résidents de l’Université de Sherbrooke en stage dans ce milieu.

À son retour à Gatineau en 2013, elle a assumé des responsabilités liées à la recherche clinique et au développement de l’informatisation du dossier patient.

Elle est ensuite devenue directrice à l’éducation par intérim du GMF-U de Gatineau en 2015 et a été nommée officiellement à ce poste en 2017. 

Elle s’occupe de la direction académique d’un groupe de 35 résidents en médecine. 

Elle travaille aussi à l’hôpital de Gatineau.

«Ma semaine de travail varie généralement entre 80 et 90 heures. Je m’occupe de 1000 patients et j’ai aussi mon poste à temps plein de directrice de l’enseignement et je travaille aussi à l’hôpital de Gatineau», confie la médecin de famille.

Pourquoi alors avoir ajouté l’enseignement aux résidents à sa lourde tâche ?

«D’emblée, l’enseignement fait partie du bagage reçu lorsqu’on étudie la médecine. Nous sommes en quelque sorte enseignants auprès des patients. Comme médecin enseignant, ce que je trouve intéressant, c’est d’être en contact avec la relève, de parler d’innovation. On revit notre passion avec les résidents, en voyant le positif et le nouveau. C’est très motivant. Et dans mon cas, je pense que j’ai une facilité pour vulgariser l’information, pour l’adapter à leurs besoins. Comme enseignant, on diagnostique nos apprenants.»

La Dre Bigras admet que son agenda est très chargé, et tient à souligner qu’elle réussit avec l’appui de son conjoint.

Son enseignement se fait la plupart du temps à Gatineau, mais nécessite des déplacements fréquents à l’Université McGill à Montréal, où sa tâche prévoit aussi qu’elle doit consacrer du temps à la recherche. 

Elle s’affaire également aux préparatifs en prévision de l’ouverture du nouveau campus de médecine en Outaouais qui doit ouvrir en août 2020 à Gatineau, un projet de collaboration entre l’Université McGill et le CISSSO.

Malgré le rythme effréné, la Dre Bigras s’estime chanceuse d’avoir pu terminer sa résidence à l’âge de 24 ans, ce qui lui a permis de cumuler plusieurs expériences qui lui permettent maintenant malgré son jeune âge d’appuyer les résidents dans leurs études postdoctorales. 

«Je suis très chanceuse. Je trouve aussi que c’est très valorisant».

Je suis membre parce que ...

 Je reçois le soutien nécessaire pour devenir un meilleur médecin, jour après jour 

Marie-Claude Moore, M.D., CCMF

 Les membres de cette grande famille me ressourcent et m’inspirent! 

Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF

 Le CQMF me permet de développer un soutien concret aux jeunes médecins du Québec 

Dominique Deschênes, M.D., CCMF, FCMF

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